
Les minerais de nickel de Nouvelle-Calédonie, exploités depuis 1875 environ, résultent de l'altération de péridotites. Ces roches ultramafiques renferment en effet un peu de nickel (0,3 % Ni) et de cobalt (0,01 % Co), et ces métaux peuvent se trouver localement concentrés lors du processus d’altération supergène en climat tropical humide.
Bien que la garniérite fut découverte par J. Garnier en 1864, c’est seulement en 1902 que E. Glasser comprit, le premier, le mode de formation des minerais de nickel de Nouvelle-Calédonie. Alors que ses prédécesseurs supposaient des mécanismes hydrothermaux pour expliquer la formation des latérites et des minerais de nickel garniéritiques, E. Glasser a attribué uniquement à des phénomènes d'altération superficielle la formation des minerais de nickel de Nouvelle-Calédonie : "nous ne voyons dans la formation des argiles rouges (latérites) que l'effet du transport à courte distance d'une partie des éléments détritiques provenant de la décomposition superficielle des péridotites : celles-ci sont constituées… essentiellement de silice, de magnésie et de protoxyde de fer… avec de petites quantités de nickel et de cobalt : si l'on admet que les eaux superficielles aient pu en dissoudre certains éléments,… entraîner la majeure partie de la magnésie en solution… et laisser le fer à l'état de sesquioxyde désagrégé retenant en tout ou partie les petites quantités… de nickel et de cobalt,…sous l'effet d'actions chimiques difficiles à préciser, mais que l'on peut cependant imaginer, certains éléments se dissolvaient pour précipiter ensuite …. le nickel avec la magnésie pour se déposer sur les roches et dans leurs fentes et interstices sous la forme des hydrosilicates dont nous aurons à reparler (garniérites)".