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   Première mondiale : Une équipe IRD installe un dispositif de mesure de flux de CO2 dans la mangrove
Première mondiale : Une équipe IRD installe un dispositif de mesure de flux de CO2 dans la mangrove Afin d’étudier le rôle de la mangrove dans le cycle du carbone, des scientifiques de l’IRD vont installer un dispositif de mesure à La Foa. La mission se déroule entre le 8 et le 15 décembre 2011. Il s’agit d’une première mondiale, le dispositif n’ayant été mis en place jusqu’à présent qu’en forêt.
La mangrove est un écosystème spécifique de la zone intertidale, ayant développé des capacités d'adaptation à des conditions extrêmement sélectives. Actuellement, elle occupe environ 75 % des littoraux tropicaux sur près de 200 000 km². Elle joue un rôle fondamental dans les cycles des nutriments en milieu côtier. Ainsi, les eaux littorales bordant les mangroves sont généralement riches en crevettes et poissons. En terme monétaire, les revenus liés aux pêches réalisées grâce à la présence de la mangrove sont estimés à  10 000 U$/ha/an. Par ailleurs, la mangrove possède une valeur refuge significative et abrite une grande biodiversité animale. Enfin, ce milieu stabilise le trait de côte et sert de barrière contre l'érosion.  Du fait de sa forte productivité, de sa distribution au niveau global, et de sa position à l'interface entre terre et océan, la mangrove est considérée comme un écosystème d'importance dans le cycle du carbone. Elle possède la double fonction de puits pour le CO2 atmosphérique et de source de carbone organique et inorganique pour les zones côtières.
Le dispositif d’Eddy covariance
Pour déterminer dans quelle mesure la mangrove représente un puits de carbone atmosphérique, des mesures de flux net de carbone à grande échelle spatiale peuvent être réalisées en continu et sans perturbations de l'écosystème, grâce au système d'Eddy-Covariance. Ce système basé sur la mesure des flux turbulents verticaux est composé d'un mât installé au dessus de la canopée, d'un anémomètre sonique qui mesure la direction du vent dans les trois dimensions, d’un dispositif mesurant les concentrations en CO2 et en eau de l'atmosphère, ainsi que d'une centrale d'acquisition des données. Non seulement cette instrumentation informe sur le sens et la magnitude du flux net de carbone issu de l'écosystème à grande échelle spatiale, mais elle permet aussi, de part sa capacité à effectuer des mesures à haute fréquence (10 mesures par seconde), d'étudier les variations temporelles journalières, saisonnières et annuelles.
Une station météorologique peut ainsi être couplée au dispositif d'Eddy covariance, les variations de flux nets de CO2 de l'écosystème peuvent ainsi être étudiées en fonction des variations de facteurs abiotiques (température de l'air, humidité de l'air, etc.). Ce type d'équipement est installé dans tous les types de forêt sauf en mangrove, du fait des difficultés liés à l'écosystème, il s'agira donc d'une première  mondiale. Le projet résulte d’un partenariat de l’IRD et de l’UNC. Il est financé par la Fondation Air Liquide, le Grand Observatoire de l’environnement dans le Pacifique Sud et le Fonds Pacifique.

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